compassion

  • AIDE HUMANITAIRE EN BIRMANIE

    Pour une Action Sociale Durable en Birmanie

    Association loi 1901 SIRET 532 709 193 00017 Déclarée à la sous-préfecture de Sarlat en date du 17/02/2011

    Newsletter semestrielle de juillet 2021

    Bonjour à toutes et à tous, Une fois n’est pas coutume, le contenu de la newsletter de PASDB aura une teneur un peu « politique *». Il est vrai qu’habituellement, c’est plutôt notre activité humanitaire et les conditions de vie des populations les plus vulnérables que nous prenons en charge à Yangon, qui sont mises en avant dans cette newsletter. Mais, il est impossible ici de passer sous silence les événements dramatiques qui se déroulent depuis février 2021 en Birmanie. Putsch en Birmanie (les faits) Vous n’êtes pas sans savoir, qu’après plusieurs années de processus démocratique, les militaires birmans ont brutalement repris le pouvoir le 1er février 2021. Ce putsch est intervenu après la très large victoire de la LND (Ligue Nationale pour la Démocratie) aux élections de novembre 2020, victoire faisant suite à celle obtenue par le même parti aux élections de novembre 2015**. Les généraux ont justifié cette reprise en main du pouvoir par le fait qu’il y aurait eu, selon eux, des fraudes, alors qu’une commission indépendante avait validé le résultat des élections et que des observateurs étrangers n’avaient rien noté de suspect. Des manifestations pacifiques (concerts de casseroles tous les soirs, blocage de la circulation par de subites « pannes » de voitures, etc.) de la quasi totalité de la population ont alors rapidement éclaté dans tout le pays et massivement dans les grandes villes, car cette population refusait de se faire « voler » les élections et exigeait la libération d’Aung San Suu Kyi (voir plus bas). La junte a alors répondu par une répression d’une violence inouïe, qui a entraîné un nombre considérable de morts (plus d’un millier selon certaines ONG, dont des femmes et des enfants), mais aussi des centaines de blessés graves qui n’ont pas pu être soignés dans les hôpitaux (la police et les militaires tiraient même sur les ambulances !), ainsi que des milliers d’arrestations arbitraires. Les leaders et activistes de la LND qui n’ont pas été abattus, arrêtés ou torturés, sont en fuite, ainsi que des dizaines de milliers de jeunes birmans, dont bon nombre d’entre eux ne veulent plus s’opposer aux militaires par la non-violence et sont désormais entrainés militairement par diverses guérillas (actives dans tout le pays depuis des dizaines d’années). Malgré une politique de terreur multiformes qui perdure actuellement, la majorité des birmans continue de protester pacifiquement à travers le CDM*** (Civil Disobedience Movement ; Mouvement de Désobéissance Civile), initié au lendemain du putsch. Une des conséquences de ce mouvement de désobéissance civile est que des centaines de milliers de travailleurs ne sont plus rémunérés depuis plusieurs mois (voir plus bas) ! Et puis, la loi martiale étant en vigueur dans plusieurs zones de Yangon, Il n’y a évidemment plus de manifestations depuis un moment, ou alors très brèves. Aung San Suu Kyi, la dirigeante de la ligue et chef du gouvernement âgée de 76 ans, est détenue secrètement, ainsi que Win Myint, le Président. Au regard des nombreux chefs d’inculpation émis par la junte à son encontre, elle finira probablement ses jours en prison. Un gouvernement en exil a été formé par des membres de la LND et ex ministres d’Aung San Suu K. Pour diverses raisons, je ne peux pas aller plus loin dans un exposé exhaustif de ces événements et de cette nouvelle donne géopolitique en Birmanie. Vous pourrez toutefois en trouver tous les détails dans la presse papier et sur le net. Venons-en maintenant aux informations concernant d’une part, l’activité de PASDB dans ce contexte si particulier, d’autre part les conditions actuelles de survie des populations prises en charge par l’association. Ces informations pourraient se résumer en deux mots : critique, persévérance. Les plus démunis dans une situation critique (pertes d’emplois massives et famines) La population birmane dans sa très large majorité souffrait déjà avant le putsch des conséquences d’une année de restrictions à cause de la pandémie de Covid-19 (voir la précédente newsletter). L’article ci-dessous de l’agence Reuters (que j’ai déjà diffusé), expliquait en octobre dernier, que de nombreux habitants du bidonville de Lhaing Thar Yar (où PASDB intervient depuis de nombreuses années comme seule ONG) survivaient grâce à la consommation de rats et de serpents, « viande » qu’on ne trouve même plus à l’heure actuelle ! https://www.reuters.com/article/health-coronavirus-myanmar-slums-idUSKBN27818E Depuis le début du putsch, cette population a vu sa situation grandement se détériorer sur le plan économique (sans parler du reste !), avec une extrême précarité et des famines qui sévissent désormais dans des bidonvilles de Yangon et ailleurs en Birmanie. En effet, les prix des denrées de base ont explosé, et des millions de personnes sont impactées par le mouvement de désobéissance civile évoqué plus haut, qui touche de très nombreux secteurs de l’économie, privant des centaines de milliers de foyers de rentrées d’argent. PASDB poursuit son aide malgré de nombreuses difficultés Malgré les nombreux obstacles liés à ce contexte si particulier, PASDB persévère dans son action, en continuant d’aider de différentes manières, comme, par exemple, en récupérant des remboursements de microcrédits et en les redistribuant. Nous sommes en contacts fréquents avec Mary, notre coordinatrice principale, et avec deux jeunes birmanes (non impliquées dans la lutte contre les militaires !) qui pourraient rejoindre Mary, dans les mois à venir.

    Des membres de PASDB se rendront sur place dès que les lignes aériennes seront ouvertes entre l’Europe et la Birmanie et que les conditions d’hébergement sur place le permettront. Vous pouvez retrouver les détails de tous nos projets sociaux sur le site web de PASDB : www.associationpasdb.org

    Si vous souhaitez des renseignements complémentaires, n’hésitez-pas à nous contacter à l’adresse suivante : pasdb.association@gmail.com

    Les membres de l’équipe de PASDB se joignent à moi pour remercier du fond du cœur toutes celles et ceux qui, en se trouvant à nos côtés depuis les débuts de cette belle aventure humaine, ou nous ayant rejoints en cours de route, permettent concrètement de venir en aide aux 50 000 personnes (parmi lesquelles environ 17 000 enfants et 5 000 personnes âgées) prises en charge actuellement de différentes manières par notre association humanitaire.

    Bien à vous.

    Thierry Cuberos Fondateur et chargé de communication de PASDB.

    * Pour rappel, les statuts de l’association précisent que celle-ci est apolitique et non confessionnelle. ** Ces élections de novembre 2015 furent les premières « libres » en Birmanie, après plus de 50 ans de dictature militaire. *** Le Mouvement de Désobéissance Civile constitue un cadre de coopération et de lutte pacifique, entre l’ensemble des étudiants scolarisés, la fédération syndicale CTUM, qui a appelé le 8 février à la grève générale (tous les secteurs sont concernés, tels que l’éducation, les banques, etc.), et des comités populaires locaux.

  • Pourquoi faire de l'humanitaire à l'étranger?

    Très souvent, je rencontre des gens qui me disent: "Ah, super! Vous faites de l'humanitaire, ah, ça, ça m'interesse............!!

    Voici un lien vers un site de voyageurs qui vous en dira plus long :

    https://voyageforum.com/forum/pourquoi_humanitaire_etranger_D102537/